Faut-il trouver refuge dans l’or ?

illustration rond 3D-NOTRE VISION

Le Covid continue de narguer la planète et sévit dès qu’on relâche la bride. Les marchés financiers sont plus influencés par son évolution que par les politiques monétaires. Entre un déconfinement réussi en Europe et un échec patent aux US, la bourse hésite. Les chances de réélection de Donald Trump se sont réduites par la légèreté de sa gestion de la crise et la rentrée sera dominée par le Covid et les élections présidentielles où le candidat Biden est jugé peu favorable à la Bourse.

La crise a révélé la domination de l’économie digitale et son accélération. Le secteur IT pèse 27.7%, et en y ajoutant le secteur Communications Services où se trouvent Google et Facebook, on est à 38.4%. L’emploi dans le secteur de l’information n’est que de 2.6M sur une population active de 152M. Les pertes d’emploi ont été limitées. Le secteur des Loisirs Hôtellerie Restauration a perdu 7 millions d’emplois sur un total de 19 millions et son poids dans la capitalisation est passé de 1.9% à 1.5%. Les faillites se sont accélérées dans le commerce de détail mettant en difficulté les centres commerciaux et les sociétés immobilières qui les exploitent. Les petits exploitants pétroliers tombent les uns après les autres, laissant des dettes conséquentes derrière elles. Les exploitants fragiles dans l’hôtellerie ont obtenu des moratoires mais si la crise persiste, les faillites et les créances douteuses vont accélérer. Le secteur financier a fondu avec la crise, ne représentant que 10.2% de la capitalisation contre 22.6% en 2006. Mais le pire a été évité grâce à la Fed qui a injecté des liquidités partout et a un programme de 750Mds pour acheter de la dette privée, parfois junk. Les spreads de taux sont revenus à la normale pour les crédits de qualité, mais restent tendus pour les crédits risqués. Le secteur IT et la Santé n’ont pas souffert de la crise et ont retrouvé leur plus haut. Des hausses de plus de 100% sont enregistrées pour des bio technologiques en quête de vaccin ou une IT DocuSign qui a permis les signatures électroniques durant la crise. Le cours de Tesla s’est envolé de 129%, justifiant ce que nous appelions un ordinateur sur 4 roues. Le commerce en ligne poursuit son ascension. Grâce au poids de l’économie digitale, la bourse a rattrapé une bonne partie de ses pertes et n’est qu’à 10% de son plus haut, avec des divergences énormes par secteur entre le digital et le réel.

Les injections de liquidité vont certainement se poursuivre ; la Fed a injecté en quelques semaines autant de liquidités que sur 6 ans pour la crise de 2008. Jusque-là, personne n’a trouvé à redire sur cette injection de monnaie, tant qu’il y a la CONFIANCE. L’inflation n’a pas surgi car la demande est atone et l’argent a gonflé l’épargne. Les opportunités d’investissements sont limitées compte tenu du risque environnant et de l’absence de projets viables. Les obligations d’Etat sont à des taux nuls, voire négatifs et les obligations corporate ont un faible rendement quand elles sont AAA. Le marché actions est profond mais les mêmes actifs valent de plus en plus cher. Si les banques centrales continuent d’inonder les marchés de « papier », elles ne peuvent pas IMPRIMER de l’OR qui a surperformé toutes les classes d’actifs sur 20 ans, surperformant le S&P 500 depuis la crise de 2018 après avoir été misérable entre 2011 et 2018. Il reste cependant encore loin de ses plus hauts relatifs des années de crise de 2008. Même si nous prenons le train un peu tard, nous recommandons une exposition OR à travers du physique, papier ou les mines tant que les taux sont quasi nuls.

La croissance mondiale 2020 est prévue en baisse de 3.9%, de 7.6% en zone Euro et pire pour les pays du Sud dont la France. Les US sont à -5% et l’Asie reste en croissance et résiste mieux que l’OCDE. Les prévisions de profits restent stables et notre modèle anticipe -26% cette année suivi de 14% en 2021 pour le S&P500. Le marché se paie 18.6 x les résultats de 2021. Notre valorisation du S&P 500 reste assez stable à 2935 points pour une clôture à 3009 avec un CAGR à -0.1%. Nous maintenons notre opinion de surpondérer et nous avons en vue de nous renforcer si l’indice corrige en dessous des 2900 points via une vente de call qui peut rapporter 70 points.

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