Vers un modus vivendi avec le Covid ?

illustration rond 3D-NOTRE VISION

Une grande lassitude commence à s’emparer des foules confinées depuis des semaines et des mois, mais heureusement un vent d’optimisme a soufflé suite aux annonces simultanées de plusieurs pays de procéder au déconfinement, même si c’est fait avec d’infinies précautions. Le Covid n’a pas hélas disparu, mais on a réussi à « aplatir la courbe » pour permettre au système de santé de faire face. On est toujours à la recherche de la molécule miracle qui permettrait de soigner le virus ou le vaccin qui permet d’immuniser la population. Hélas, ni l’un ni l’autre ne sont là. Les gouvernements se sont donc résignés à réexposer leur population au virus et naviguer à vue faute d’un outil statistique fiable. Un chiffre clé n’est toujours pas disponible, celui qui calcule le taux de mortalité par rapport aux personnes réellement infectées et non aux personnes TESTEES (IFR pour Infection Fatality Rate). Entre les deux il y a un facteur parfois de plus de 50. Une « tambouille » de recherches allant de la ville allemande de Gangelt au navire Diamond Princess donne une estimation entre 0.15% et 0.60%, loin des statistiques qui donnent 7% par rapport aux cas détectés. Si l’on estime à 60% le taux de personnes infectées au final, cela donnerait une mortalité comprise entre 54 000 et 108 000 décès pour la France, concentrés sur les personnes à risque. A moins qu’un remède n’intervienne entre temps. La Suède a choisi la méthode frontale en laissant ouverts bars et restaurants mais avec d’infinies précautions par ailleurs. Stockholm serait bientôt immunisé d’après les autorités. La gestion statistique va enfin trouver une réponse en Allemagne qui établit 3 panels représentatifs dont un national de 15 000 personnes tirées au hasard. Il devrait apporter beaucoup de réponses que les scientifiques et les politiques sont en train de chercher.

Le marché pense qu’on finira par faire face à la pandémie au vu des déconfinements. Il a rebondi de 27% du point bas pour le S&P500, rassuré par une avalanche de liquidités qui s’est déversée. L’indice Vix s’est fortement replié et la baisse est limitée à 11.7% cette année après une hausse de 31.5% en 2019. La zone Euro souffre plus en raison de la prévalence des banques et du pétrole. Sans surprise le secteur de la santé résiste le mieux avec le secteur IT. Les estimations du PIB pour 2020 commencent à émerger et c’est une chute entre 5 et 10% qui est attendue, la Chine se contentant de +2%. Il faut remonter à la grande dépression pour des corrections pareilles. On commence à voir le raz de marée du chômage aux US avec 26M de nouveaux chômeurs en quelques semaines. Ils sont pour le moment bien couverts, mais pour combien de temps ?

Le bilan des banques centrales explose à coup de trillions avec 2.5 trillions pour la Fed et tout le monde imprime des billets frénétiquement. La Fed s’est mise à acheter même des junk bonds pour réparer les marchés de crédits disloqués et la BCE fait de même. Les relances budgétaires sont faites un peu partout, mais la zone Euro n’a pas la même flexibilité que la Fed, les 19 membres n’ayant pas les mêmes intérêts. L’Italie est à bout de souffle d’émission de la dette qui est en bonne partie achetée par la BCE. Elle voudrait voir des Eurobonds. L’Europe a débloqué 540Mds€, et pour la première fois la Commission Européenne compte rentrer dans la danse à coup de trillions et non de Mds pour relancer l’économie. Un accord à ce sujet donnera un coup de fouet au marché. Et pour la première fois, tous les Etats sont amenés à utiliser l’aide directe aux populations.

Grâce aux parutions des résultats de T1, on commence à avoir une meilleure vue des profits 2020. Ils en sont à -18% pour le consensus que nous estimons plutôt à -34% et un rebond de 34% en 2021. Notre modèle de prévision estime le CAGR 8 ans à -0.2% entre deux hauts de cycle, ce qui est prudent. Notre objectif de cours est légèrement rehaussé à 3092 points et nous maintenons notre position de surpondération prise le mois dernier, avec une prudence à partir de 2940 points. L’objectif pour le MSCI Emu est de 112 points pour une clôture à 100.

Nous souhaitons à tous nos lecteurs une bonne santé et une rapide sortie de crise.

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